Difficile d’être homosexuel en Chine.

Difficile d’être homosexuel en Chine.

Messagepar mandarine » 01 Fév 2014, 09:33

Jusqu'où peut aller la désespérance...( Il s’est lui-même payé ces sessions, après avoir décidé qu’assumer son homosexualité serait « trop difficile)


Des électrodes sur ses parties génitales, Zhang s’est fait administrer des décharges électriques alors qu’il regardait des films pornographiques: un des « traitements » controversés contre l’homosexualité proposés en Chine, en dépit de critiques croissantes de la part de militants.


« Je pensais qu’il fallait que j’essaye ça, pour voir si j’avais une chance de devenir une personne normale », confie à l’AFP le jeune homme, âgé de 25 ans, qui n’a dévoilé que son nom de famille. C’est pour « ne pas décevoir sa famille » qu’il a opté pour l’une des méthodes les plus extrêmes parmi les« thérapies » destinées à « corriger » l’orientation sexuelle, un secteur lucratif dans un pays où les amours de même sexe sont encore largement taxées d’opprobre.

« Quand je réagissais aux images, je recevais un électrochoc », peu intense mais « douloureux », se souvient Zhang. Il s’est lui-même payé ces sessions, après avoir décidé qu’assumer son homosexualité serait « trop difficile ».

Ce n’est qu’en 2001 que les autorités chinoises ont officiellement retiré l’homosexualité de leur liste des maladies mentales. Au fil des ans, les« camarades » (surnom familier des homosexuels) sont devenus mieux acceptés, surtout parmi les jeunes et dans les grandes villes. Ils font cependant encore l’objet d’une très forte pression familiale : souvent enfants uniques, ils sont nombreux à se résigner au mariage pour répondre aux aspirations de leurs parents et leur permettre d’avoir un petit-enfant.

Les « thérapies de conversion » de tous types, pratiquées à travers le monde depuis le début du XXe siècle par des psychanalystes et docteurs espérant guérir l’homosexualité, sont désormais considérées comme non-scientifiques, inefficaces, voire dangereuses par l’immense majorité des experts médicaux. Mais ces traitements n’en continuent pas moins de prospérer, de Singapour au Royaume-Uni, en passant par les Etats-Unis... et la Chine.

Cinq cliniques chinoises contactées récemment par l’AFP ont reconnu proposer des solutions « d’ajustement de la sexualité », dont des traitements chimiques, par hypnose ou bien par décharges électriques. A Pékin, le centre d’aide psychologique Haiming fait la promotion de cette dernière méthode: « Après chaque décharge, le patient interrompt ses pensées et se démarque de ses fantasmes », explique-t-il sur son site internet.

Ces sessions de 30 minutes, réalisées à plusieurs jours d’intervalle, ne sont prescrites que dans « les cas les plus graves », a cependant assuré à l’AFP un membre du personnel.

« Ce n’est pas une maladie »

Condamnées en 2009 par l’Association de psychologie américaine, qui pointait les risques de lésions ou de traumatismes, les thérapies de conversion sont aussi dénoncées par la branche pan-américaine de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) : elles n’ont « pas de justification médicale » et sont « éthiquement inacceptables », a estimé cette dernière en 2012.

Des activistes chinois tentent désormais de relayer ce message: le Centre LGBT (Lesbiennes, Gay, Bissexuels et Transsexuels) de Pékin a ainsi estimé le mois dernier que ces traitements « infligent de sérieux dommages à la santé physique et mentale, et ne font qu’aggraver le manque de confiance en soi ». Deux militants liés au Centre LGBT, une organisation en partie financée par les ambassades américaine et britannique, ont par ailleurs posé devant une clinique de Pékin avec une pancarte indiquant «L’homosexualité n’est pas une maladie!». Ils entendent mener campagne pour convaincre les autorités de révoquer les licences de ce type de structures médicales.

D’ores et déjà, certaines cliniques privilégient le conseil psychologique et la prescription d’antidépresseurs, souligne Wei Xiaogang, fondateur du groupe « Camarades Queer ». Ces thérapies douces par le dialogue sont proposées par « des gens qui veulent gagner de l’argent », car « au final, tout cela est une question de business » face à la demande d’un public d’homosexuels en détresse, a-t-il expliqué.


http://www.lavoixdunord.fr/france-monde ... b0n1885762
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Re: Difficile d’être homosexuel en Chine.

Messagepar laoshi » 01 Fév 2014, 09:53

Ces "thérapies" (allant jusqu'à la lobotomie) ont existé en France jusque dans les années 70. Dominique Fernandez en donne un tableau terrifiant dans L'Etoile rose, un livre que je vous recommande vivement. La pression familiale et sociale était alors aussi forte que dans la Chine d'aujourd'hui et nombre d'homosexuel(le)s ont essayé de se "normaliser" pour satisfaire le désir de leur entourage. C'est le cas de Dominique Fernandez lui-même (marié pendant longtemps et père de deux enfants) ou de Jocelyne François qui raconte, dans Les Bonheurs (livre superbe) comment elle a renoncé à la femme qu'elle aimait sous la pression d'un prêtre et comment elle a fini par vivre et elever ses trois enfants avec cette femme. J'ignorais que ce genre de "traitement" continue à propérer en Angleterre ou aux USA... :cry:
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Re: Difficile d’être homosexuel en Chine.

Messagepar laoshi » 04 Fév 2014, 18:49

Un milliardaire Hongkongais ne lésine pas sur les moyens pour normaliser sa fille homosexuelle : il offre 100 millions d'euros à qui voudra l'épouser, mais apparemment, il ne lui a pas demandé son avis !
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Procès contre une clinique de traitement pour homosexuels

Messagepar mandarine » 22 Août 2014, 17:02

Les mentalités évoluent et les cliniques sont mises en cause .


En Chine, on les surnomme « camarades ». Depuis 2001, l’homosexualité n’est plus considérée comme une maladie mentale par la loi, mais gays et lesbiennes sont toujours mal acceptés dans la société chinoise. Il existe même des cliniques qui proposent des « thérapies de conversion ». Ce mois-ci, l’une de ces cliniques doit répondre à la justice. Une première et un procès qui pourrait faire jurisprudence.






http://www.rfi.fr/emission/20140821-chi ... mosexuels/
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Re: Difficile d’être homosexuel en Chine.

Messagepar laoshi » 01 Sep 2014, 20:39

Vous pouvez signer une pétition en ligne pour convaincre Margaret Chan, directrice de l'OMS, de condamner ces "traitements" cliniques aberrants. L'homosexualité n'est pas une maladie, en Chine pas plus qu'ailleurs. Je viens de la signer moi-même.
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Re: Difficile d’être homosexuel en Chine.

Messagepar laoshi » 20 Déc 2014, 08:54

Le tribunal de Pékin a rendu son verdict : la clinique Xinyu Piaoxiang de Chongqing vient d'être condamnée à verser 3500 yuan à Yang Teng, pour lui avoir infligé des électrochocs répétés en vue de réorienter ses préférences sexuelles. La clinique devra également publier sur son site des excuses publiques au jeune homme.

Ce verdict est un espoir pour tous les homosexuels chinois, encore trop souvent soumis à ces traitements aberrants et contraints au mariage par leur famille : «Je vais montrer ce verdict à mes parents pour leur montrer ce que dit la justice chinoise, que l’homosexualité n’est pas une maladie mentale», a déclaré Yang Teng.
Il reste néanmoins beaucoup à faire pour assurer la défense des homosexuels en Chine puisque les associations de défense des "camarades" ne sont toujours pas reconnues par le gouvernement chinois :



Libération, avec l'AFP, a écrit:
Une clinique qui prétendait «soigner» l’homosexualité condamnée en Chine

L’homosexualité n’est plus pénalisée en Chine depuis 1997, et au fil des ans, les «camarades» (surnom familier des homosexuels) sont devenus mieux acceptés, surtout au sein des populations jeunes et citadines. Pour autant, les autorités continuent obstinément de refuser l’inscription des groupes de défense LGBT parmi les ONG reconnues. En mai, un jeune homme de 19 ans, qui avait organisé une manifestation dans le Hunan (centre) pour la défense des droits des homosexuels, a été interpellé par la police. Au printemps, un autre activiste dans la même province a attiré l’attention en attaquant en justice le gouvernement local pour avoir refusé sa demande d’établissement d’une association LGBT.
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Re: Difficile d’être homosexuel en Chine.

Messagepar laoshi » 04 Nov 2016, 15:02

Un article du Washington Post sur la condition des homosexuel(le)s en Chine.
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Re: Difficile d’être homosexuel en Chine.

Messagepar laoshi » 20 Avr 2017, 06:37

La Chine n'a pas renoncé aux pseudo-traitements visant à "guérir" les homosexuels.

Le Temps a écrit: La Chine veut guérir ses gays

L'homosexualité continue d'être perçue comme une maladie mentale dans l'Empire du Milieu. De nombreux hôpitaux proposent des thérapies de conversion. Témoignage de deux hommes qui sont passés par là

L’appareil était composé d’une petite boîte carrée reliée à deux longues antennes courbées, se souvient Yanhui Peng. Il était posé sur une table à côté d’un canapé, au milieu du cabinet du médecin. «Le docteur m’a dit de m’allonger et de fermer les yeux, raconte le Chinois de 34 ans. Il m’a alors hypnotisé. Lorsque je sombrais, il m’a dit de penser à des corps d’hommes et de bouger les doigts si cela éveillait du désir sexuel en moi.»

La prochaine chose dont se souvient cet homme menu au regard franc, qui parle d’un air légèrement affecté, est la douleur fulgurante qu’il a ressentie au niveau du bras. «Il m’a électrocuté avec son appareil», s’emporte-t-il. Yanhui Peng, que ses amis surnomment Yanzi (hirondelle en chinois), s’est levé d’un bond, horrifié. Le médecin rigolait. «Il m’a expliqué que l’homosexualité était un acte criminel et pouvait provoquer des maladies, relate-t-il. Il m’a promis que si je suivais son traitement, je pourrais devenir hétéro.»

Electrochocs et douches glacées
Cette thérapie de conversion, proposée par une clinique à Chongqing, une ville à l’ouest de la Chine, lui a coûté 30’000 yuans (4350 francs) pour 30 séances, une petite fortune dans ce pays. Effarouché par cette expérience, Yanhui Peng a décidé de faire un procès à la clinique. Fin 2014, une cour de Pékin lui a donné raison.

En Chine, des dizaines d’hôpitaux proposent ce genre de traitements. «Il y a des cliniques privées mais aussi de grands établissements publics, comme l’hôpital universitaire de Zhejiang ou un grand centre consacré aux maladies mentales à Guangzhou», détaille Yanhui Peng, qui opère désormais une ONG pour traduire en justice d’autres fournisseurs de thérapies de conversion.

Les patients y sont soumis à des électrochocs ou à des douches glacées, suivent des thérapies et reçoivent un cocktail de médicaments qui comprend des antidépresseurs mais aussi des vomitifs qu’ils doivent prendre en même temps qu’ils regardent des films pornos gays. Des hôpitaux proposent des tests sanguins, des analyses d’ADN et des scans du cerveau. «Si les résultats sont normaux, ce qui est en général le cas, le médecin vous dit que vous pouvez être guéri de votre homosexualité car elle n’est pas génétique», glisse l’activiste.

Conversion volontaire
Certains suivent ces traitements contre leur gré. C’est le cas d’un homme de 36 ans dans la province du Henan. Lorsqu’il a annoncé à sa femme qu’il voulait divorcer, celle-ci a organisé une opération commando avec toute sa famille: ils lui ont noué les pieds et les mains et l’ont amené de force dans une clinique psychiatrique. Il y a été maintenu durant 19 jours, forcé de prendre des médicaments et battu à intervalles réguliers, avant de réussir à s’enfuir.

Mais le plus souvent, ceux qui choisissent d’effectuer une thérapie de conversion le font volontairement. Comme Kuen-Ting*, un jeune homme timide aux traits fins qui a suivi un tel traitement à Hong Kong il y a quelques années. «J’avais 22 ans et j’étais à l’université lorsque je suis tombé amoureux d’un camarade de classe, se remémore-t-il. Je viens d’une famille très religieuse et beaucoup de mes amis sont chrétiens, alors j’avais très peur de leur réaction.»

Il essaye de dissimuler ses sentiments mais finit par se confier à l’objet de son affection. «Il m’a parlé d’une thérapie que je pourrais suivre pour guérir de mon homosexualité», note-t-il. Celle-ci est proposée par une organisation évangélique appelée New Creation, fondée par le psychologue hongkongais Hong Kwai-Wah. Ce dernier a développé une thérapie cognitivo-comportementale qu’il qualifie de post-gay. Celle-ci postule que la sexualité est fluide. «L’idée que les gens sont 'nés comme ça' ne repose sur aucune preuve scientifique, juge-t-il. Durant mes 30 années de pratique, j’ai vu plus de 100 homosexuels changer d’orientation sexuelle.»

Si on ne peut pas effacer complètement les sentiments qu’on éprouve pour les membres du même sexe, il est en revanche possible de «choisir de ne pas vivre comme un gay», en pratiquant l’abstention, selon lui. Il estime son taux de succès à 38% environ, dont 15% qui renoncent entièrement à leur homosexualité.

Chose sale
Chez New Creation, on dit à Kuen-Ting de traiter l’ami dont il est tombé amoureux comme un simple camarade, de le voir un peu moins souvent, de renoncer à se masturber et de prier. On l’encourage aussi à adopter des activités plus masculines. «Je me suis mis au basket», se souvient le jeune homme aujourd’hui âgé de 32 ans.

Mais il ne voit pas de progrès, bien au contraire. «Au bout d’un an, j’étais déprimé, mes résultats scolaires souffraient et je faisais des crises d’anxiété, raconte-t-il. Je ressentais tant de culpabilité. J’avais l’impression que c’était de ma faute si je n’arrivais pas à changer, que je ne faisais pas assez d’efforts.»

New Creation finit par envoyer Kuen-Ting chez le Dr Hong Kwai-Wah, qui lui prescrit une batterie de médicaments: des antidépresseurs, des tranquillisants, des somnifères. Mais rien n’y fait: la souffrance est toujours là. «On ne peut pas se forcer à devenir ce qu’on n’est pas», confie-t-il. Au bout d’un an et demi, il jette l’éponge et rejoint une église gay. Il est aujourd’hui devenu assistant social pour aider d’autres jeunes dans son cas et sort d’une relation de quatre ans avec un jeune homme que sa mère a accepté «comme son propre fils».

Mais comment expliquer que ces thérapies barbares soient toujours pratiquées à si large échelle? En Chine, l’homophobie reste très répandue, moins pour des motifs religieux que culturels. «Depuis la Révolution culturelle, la sexualité est perçue comme quelque chose de sale, dont on ne parle pas et qui a pour seul but la reproduction», souligne Ying Xin, qui dirige le Beijing LGBT Center.

Faux mariages
Dans ce contexte, l’homosexualité est perçue comme une forme de déviance. «Elle n’a été décriminalisée qu’en 1997 et retirée de la liste des maladies mentales qu’en 2001», rappelle Reggie Ho, le président de l’ONG Pink Alliance. Le gouvernement a récemment publié une directive qui interdit de montrer à la télévision «des relations sexuelles anormales» comme l’inceste, le viol ou l’homosexualité. Les médias ont tendance à associer l’homosexualité au Sida ou à l’addiction sexuelle.

A cela s’ajoute une vision du monde qui place la famille au centre de l’organisation sociale. «En Chine, si vous faites votre coming out, vos parents vont surtout s’inquiéter du fait que vous n’allez pas vous marier et leur donner des petits-enfants», fait remarquer Tommy Chen, de l’ONG Rainbow Action. Dans un pays où les retraites sont quasi inexistantes, on compte sur la descendance pour prendre soin des seniors. Un phénomène exacerbé par la politique de l’enfant unique. La pression est telle que des plateformes ont vu le jour qui permettent à des gays et à des lesbiennes de se rencontrer et de conclure un faux mariage destiné à rassurer leurs parents.

Cette double vie, Yanhui Peng la connaît bien. «Lorsque j’ai attaqué la clinique en justice, je suis passé à la télévision, alors j’ai dû faire mon coming out envers mon frère et ma sœur», se souvient ce natif d’un petit village de la province de Guangdong. Tous deux ont commencé par le rejeter. Son frère a toutefois fini par s’y faire, mais pas sa sœur. «Elle m’a dit que l’homosexualité était une maladie, qui s’attrape et donc se soigne», confie-t-il avec un sourire mi-figue, mi-raisin.

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Re: Difficile d’être homosexuel en Chine.

Messagepar laoshi » 21 Avr 2017, 17:54

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