Aux morts sans nom de Tian'Anmen et à tous les autres

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Tian’anmen: témoignage écrit d'un étudiant en exil.

Messagepar mandarine » 06 Juin 2014, 13:21

"J’ai vu, de mes yeux vu, les chars de Tiananmen reculer sur les cadavres qu’ils avaient écrasés"



:livres: "J'étais à Tiananmen"de Cai Chongguo aux éditions L'Esprit du temps.
Je ne sais s'il y a beaucoup de témoignages écrits par des témoins visuels des évènements ,mais je vous propose celui là.


http://bibliobs.nouvelobs.com/documents ... tor=EPR-1-[Hebdo]-20140606
Les autorités de votre pays,qui elles aussi pensent forcément à leurs intérêts,ne manqueront pas de comprendre combien le type de célébrité que leur vaut la persécution de personnes telles que vous les dessert Vaclav Havel à Liu Xiaobo
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terre de massacre...

Messagepar laoshi » 06 Juin 2014, 17:22

Témoignage poignant et limpide que celui de ce professeur de philosophie. Il correspond rigoureusement à ce que raconte Ma Jian dans Beijing coma, dont le titre chinois, je le rappelle, est 肉土, ròu tǔ, qu'on pourrait le traduire par « terre de viande », ou « poussière de chair »… . Il évoque précisément la boucherie monstrueuse des massacres, les corps écrasés, déchiquetés par les chenilles des chars, la bouillie de chair sanglante mêlée à la poussière du sol sur l’avenue Changan le 4 juin 1989….
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lettre des étudiants chinois de l'étranger à leurs camarades

Messagepar laoshi » 04 Juin 2015, 12:20

Pour la première fois, des étudiants chinois étudiant à l'étranger se sentent la responsabilité d'informer leurs camarades restés en Chine des événements de Tian'Anmen.

voici l'article de RFI qui relaie l'information


RFI, a écrit:Tiananmen: la lettre d'étudiants chinois expatriés à leurs camarades

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Cette photo a été prise le 5 juin 1989. Devenue mondialement célèbre sous le nom de "L'homme au tank" ou "Le manifestant inconnu", elle a été prise par un photographe de l'Associated Press. Elle incarne le souvenir de Tiananmen et est interdite en Chine.
REUTERS/Stringer/Files


Il y a 26 ans, une immense manifestation d'étudiants chinois, place Tiananmen, était réprimée dans le sang. Chaque année, quelques tentatives de commémoration ont lieu, vite étouffées par le pouvoir qui a toujours nié cet épisode de son histoire. Cette année, de jeunes Chinois qui étudient à l'étranger ont publié une lettre adressée à leurs « camarades étudiant en Chine ». Une première.

C’est la première fois que de jeunes Chinois qui n'ont pas connu le massacre de Tiananmen et qui découvrent à l'étranger une autre version de l'histoire, se sentent la responsabilité de transmettre cette vérité à ceux qui sont restés dans le pays.

Pour Marie Holzman, cette lettre montre aussi aux Occidentaux à quel point la mémoire est effacée par les autorités chinoises. « Tous les Chinois qui restent en Chine ne peuvent pas avoir accès à une version réelle de l'histoire de la Chine, explique la sinologue. Ils sont obligés de s'accoutumer à la version officielle, qui est une version de propagande qui transforme la réalité. »

La lettre a brièvement circulé en Chine et ses auteurs ont été accusés de colporter des mensonges occidentaux. « Ils risquent tout, ajoute Marie Holzman. Ils risquent de ne pas pouvoir rentrer en Chine, de provoquer des ennuis à leur famille. Ils risquent d'être ostracisés par les autres étudiants qui eux désirent être bien vus par la cellule du Parti qui se trouve discrètement cachée quelque part au sein des étudiants qui étudient aux Etats-Unis. »

Ils risquent de ne pas pouvoir rentrer en Chine.

Marie Holzman, présidente de l’association Solidarité Chine

Pour la sinologue, cette lettre est une avancée, mais il faudra encore beaucoup de temps avant que des réformes politiques s'imposent, pour sortir du totalitarisme dans lequel la Chine est en train de replonger.

Contrôle accru des dissidents

En prévision des commémorations du 26ème anniversaire du massacre de Tiananmen, le gouvernement chinois a multiplié comme chaque année les contrôles et la surveillance des dissidents. Selon les informations diffusées sur Internet, ces derniers jours plusieurs dizaines de personnes ont été assignées à résidence ou ont été victimes de disparitions forcées.

Duan Zong Xian, dissident et activiste de la province méridionale de Guang Xi entame, comme chaque année, une grève de la faim avec une dizaine d'autres personnes. Il constate que le nombre de grévistes est plus important que les années précédentes.

« Jusqu'ici, aucun gréviste n'a été arrêté, mais beaucoup ont reçu des appels de la police. Moi-même, j'ai été contacté par le chef de la police locale qui m'a demandé de ne pas diffuser d'informations sur Internet concernant le 4 juin, témoigne le dissident. Bien sûr, j'ai peur pour ma famille, on m'a déjà arrêté à plusieurs reprises, mais généralement on me relâche au bout de quelques jours. »

Il espère qu'à force de persévérance, le régime finira par plier. « De toute façon, nous continuerons cette grève de la faim, tous les ans, jusqu'à ce que la Chine devienne un pays démocratique, assure Duan Zong Xian. Je fais la grève de la faim pour trois raisons : pour saluer la mémoire des victimes du massacre de Tiananmen, pour soutenir les dissidents arrêtés ces dernières années, mais aussi pour que les gens sachent enfin la vérité sur ces événements et que l'esprit de Tiananmen ne disparaisse pas. »


Je me demande si les récentes attaques contre Mo Yan n'ont pas quelque chose à voir avec cette date symbolique et éminemment critique pour les autorités chinoises. Mo Yan était à l'armée en 1989 ; il en a justement démissionné cette année-là et explique qu'il a cessé de croire au Parti (dont il est néanmoins toujours membre) à cette occasion. Il a aussi récemment affirmé sur France Culture, dans la Grande Table, que toute sa sympathie allait aux étudiants pendant les événements mais qu'en tant qu'écrivain, il ne savait pas tout de ce qui s'était passé.
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Tian'Anmen, 26 ans de silence et d'oubli ?

Messagepar laoshi » 04 Juin 2015, 14:59

Je disais tout à l'heure que Le Monde restait coi sur la commémoration de ce massacre. Ce n'est plus vrai, et c'est tant mieux

Marie Holzman, dans Le Monde, a écrit:La commémoration du massacre de Tian’anmen reste interdite en Chine
Tous les ans, depuis la nuit fatale du 3 au 4 juin 1989, les Chinois en exil tentent de commémorer la mort des quelque mille ou deux mille victimes de la répression d’un mouvement démocratique spontané, qui s’était organisé à Pékin sur la place Tian’anmen. Les Chinois de Chine ont pour la plupart oublié qu’il y a jamais eu un tel mouvement de revendication démocratique dans leur pays, précurseur de l’effondrement du communisme en Europe, de la chute du mur de Berlin, et de l’implosion de l’URSS. En effet, le pouvoir chinois a joué la course de la désinformation et de l’oubli pour assurer la pérennité de son régime.

A l’époque, le 14 juillet 1989, les étudiants chinois en France ouvraient le cortège de notre défilé national, le front ceint d’un foulard blanc, en signe de deuil pour leurs condisciples restés trop longtemps sur la place Tian’anmen un mois plus tôt, persuadés que jamais l’armée chinoise ne tirerait sur une foule de manifestants pacifiques et désarmés. Une place de choix avait été réservée sur la tribune d’honneur par Jack Lang, le grand organisateur du Bicentenaire de la révolution française, à ceux que l’on appelait les grands dissidents chinois.

Les commémorations du dixième anniversaire du massacre de la place Tian’anmen, interdites en Chine, évidemment, avaient été organisées à Paris, et dans toutes les grandes capitales du monde, et la population de Hong Kong s’était rassemblée pour une veillée aux chandelles à laquelle des dizaines de milliers de gens avaient participé. Pour le vingtième anniversaire, l’énergie des militants commençait à faiblir, mais, malgré tout, le 4 juin restait une date à laquelle la presse, les organisations défenseurs des droits de l’Homme, et les Hong Kongais, restaient fidèles. L’an dernier, 25ème anniversaire, l’affluence avait un peu diminué, sauf à Hong Kong, toujours, où la pression du régime chinois devient de plus en plus perceptible, et où la population tente encore de préserver ses acquis sociaux, politiques et démocratiques.

Mais en ce 26ème anniversaire, la lassitude se fait sentir. Les rangs des dissidents chinois en exil sont de plus en plus clairsemés, et la mémoire du drame s’est enkystée, douloureuse mais enfouie sous des couches de censure, d’autocensure, de dénigrement et de déceptions. Le régime chinois n’a toujours rien lâché. Au contraire, la répression ne fait que se durcir depuis l’arrivée du président Xi Jinping au pouvoir, en 2012. Mieux connu pour sa lutte contre la corruption, Xi Jinping écarte aussi de la vie publique, l’un après l’autre, les grands acteurs réformistes de la société civile chinoise. L’an dernier, à l’issue d’une réunion privée organisée en mai, quelques semaines avant le 25ème anniversaire, et dont le thème portait sur les conséquences de la répression du mouvement démocratique de 1989, la célèbre journaliste Gao Yu, et le non moins connu avocat Pu Zhiqiang ont été interpellés, puis inculpés. A l’âge de 71 ans, Gao Yua été condamnée en avril 2015 à six ans de prison sous prétexte de « divulgation de secrets d’Etat ». Pu Zhiqiang risque une peine de huit ans de prison pour « incitation à la haine ethnique et désordres sérieux », a déclaré un observateur de la justice chinoise après l’annonce du chef d’inculpation par le Parquet de Pékin le 15 mai 2015. La date du jugement n’est pas encore annoncée, un an après l’arrestation de l’avocat.

C’est ainsi que, par capillarité, en expulsant les esprits libres du pays, tel l’auteur Liao Yiwu, qui vit maintenant à Berlin, en emmurant les artistes frondeurs tel Ai Weiwei, qui ne peut plus assister à l’inauguration d’aucune de ses expositions à l’étranger, en emprisonnant les plus éloquents penseurs tel le Prix Nobel de la Paix Liu Xiaobo, qui purge une peine de onze ans depuis 2008, et en interdisant aux journalistes engagés de travailler en Chine, tels l’Américain Paul Money, auquel on a supprimé le visa d’entrée sur le territoire chinois depuis l’année dernière, les dirigeants chinois parviennent à étouffer toute velléité de rébellion.

Fait encore moins connu du monde extérieur, il arrive que des étrangers vivant en Chine subissent aujourd’hui le traumatisme d’une arrestation soudaine, d’un passage de quelques semaines sous les verrous d’une prison chinoise, puis l’expulsion vers leur pays d’origine, et les cas sont de plus en plus nombreux. Terrifiés à l’idée de nuire à leur famille d’adoption, ou à leurs anciens collègues, ils refusent de communiquer sur leur mésaventure et participent ainsi, bien malgré eux, à cette obscurité grandissante qui empêche toute compréhension de la véritable nature d’une dictature dont le caractère répressif ne fait que s’accroître.

Comme l’a écrit le poète Li Bifeng, condamné à douze ans de prison en 2012, « dans un pays pareil, les os ont blanchi, la peau s’est desséchée et l’on ne peut plus qu’hiberner »… Profitons donc qu’en France, au moins, la liberté de commémorer l’un des événements les plus tragiques que la Chine ait connu depuis le début des réformes économiques en 1980 reste un droit incompressible.

Marie Holzman est la présidente de Solidarité Chine et l’auteur, avec Noël Mamère, de l’ouvrage Chine, on ne bâillonne pas la lumière paru chez Gawsewitch en 2009.
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le silence des médias français

Messagepar laoshi » 05 Juin 2015, 05:13

Pas un mot du 4 juin au journal télévisé de la 2 hier soir ! La télé de la honte, décidément !
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lettre ouverte d'étudiants chinois à leurs camarades

Messagepar laoshi » 05 Juin 2015, 05:44

Xi Jinping aura beau faire, il ne pourra empêcher les étudiants chinois de l'étranger de découvrir la réalité et l'ampleur des massacres du 4 juin 89, à moins que les médias occidentaux se fassent complices de la censure qui règne en Chine. C'est malheureusement ce que l'on constate ici ! Seuls Le Monde, Rue89, qui donne une traduction intégrale de la lettre de Gu Yi, et RFI sauvent l'honneur. Je n'avais pas vu cet article du 3 juin quand j'ai cherché, hier, ce que les journaux disaient de ce triste anniversaire.

Brice Pedroletti, correspondant du Monde à Pékin, a écrit:Des étudiants chinois aux Etats-Unis en appellent à lever le tabou de Tiananmen

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Patrouille policière sur la place Tiananmen, à Pékin, à la veille du 26e anniversaire du massacre de juin 1989. Ng Han Guan / AP

Etudiants chinois à l’étranger et nés dans les années qui ont précédé, ou suivi, le massacre de Tiananmen qui a eu lieu dans la nuit du 3 au 4 juin 1989, à Pékin, ils ont choisi d’en perpétuer la mémoire : dans une lettre ouverte adressée à leurs « camarades étudiants en Chine », l’étudiant en chimie Gu Yi, de l’université de Géorgie, à Atlanta, et dix cosignataires, tous étudiants chinois aux Etats-Unis, en Australie et au Royaume-Uni, ont brisé un tabou, celui de parler ouvertement de l’intervention armée et de ses conséquences.

Diffusée en Chine sur les réseaux sociaux, la lettre, datée du 27 mai, a recueilli à ce stade deux cents signatures de Chinois à l’étranger, nous dit Gu Yi, joint, lundi 1er juin, au téléphone aux Etats-Unis, où le militant en herbe va de séminaires en manifestations (devant l’ambassade de Chine à Washington le week-end dernier). Et elle a bénéficié d’une publicité inattendue après un éditorial du Global Times, le porte-parole ultranationaliste du régime, accusant les « forces hostiles » de « cibler la jeune génération ». « Ces jeunes gens ont subi un lavage de cerveau à l’étranger », affirme le quotidien, qui rappelle que la « société chinoise a choisi par consensus de ne pas débattre de l’incident de 1989 ». Rien n’est moins vrai : la censure et la répression extrêmes déployées en 2014, pour les 25 ans du 4 juin, ont confirmé la tendance du régime, sous le président Xi Jinping, à voir dans toute remise en cause du dogme historique une attaque directe à son encontre. Signe de ce malaise, le texte du Global Times, daté du 25 mai – une première version de la lettre circule depuis le 20 mai –, a fini par être… censuré dans sa version chinoise.

« Plus nous en savons, plus nous sentons le poids de lourdes responsabilités sur nos épaules », écrit ainsi Gu Yi, l’auteur de la lettre, dans son préambule, avant de rappeler certains des faits avérés – parfois rapportés à l’époque par la presse chinoise –, ainsi que les témoignages de divers protagonistes toujours vivants, des « mères de Tiananmen » à l’athlète Fang Zheng, blessé par un char puis amputé des jambes. « Le 4 juin est désormais devenu chaque année une période sensible, un jour qu’on ne peut absolument pas évoquer », écrit le jeune homme, qui interroge la puissance et la richesse célébrées par le régime. « De quelle prospérité s’agit-il ? Nous sommes sans cesse surpris par le fait que, chez les responsables d’en haut comme d’en bas, le mariage du pouvoir et de l’argent contre lequel les étudiants s’étaient soulevés il y a vingt-six ans est devenu le modèle de l’économie étatique actuelle », écrit-il. Il fustige « les clans de Deng Xiaoping et de Li Peng, dont les mains sont couvertes du sang des étudiants, devenus d’une richesse écœurante ». « Mais nous avons un rêve », conclut l’étudiant, en référence au « rêve chinois » du président Xi, « celui qu’un jour pas trop lointain, chacun d’entre nous vivra dans un pays libre de toute peur, dans lequel l’histoire est rétablie et la justice rendue ».

Prise de conscience

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Manifestation en faveur de l'établissement de la démocratie en Chine, le 31 mai à Hongkong. BOBBY YIP / REUTERS

Gu Yi et ses camarades ont, par leur geste, compromis leur perspective de mener une carrière en Chine, ainsi que la tranquillité de leurs proches sur place. Le jeune chimiste n’a pas prévenu ses parents, « pour qu’ils ne s’inquiètent pas », nous dit-il. Sa mère est retraitée et son père, ingénieur, a quitté le secteur public pour rejoindre le privé. Mais les parents d’au moins un des cosignataires ont déjà reçu un avertissement.

Originaire de Luzhou, dans la province du Sichuan, Gu Yi a fait des études de chimie à Hefei, dans l’Anhui – là même où l’astrophysicien Fang Lizhi avait embrasé les consciences des jeunes générations par ses appels à la démocratie dans les années 1980. « J’avais entendu parler de lui quand j’étais à Hefei », nous dit Gu Yi, qui décrit l’intellectuel, décédé en 2012 en exil aux Etats-Unis, comme une « légende » pour lui et ses pairs.

Depuis son arrivée aux Etats-Unis, il y a trois ans, l’étudiant y a découvert plus en détail un événement de la brutalité duquel il n’avait que vaguement conscience : « J’ai pensé que c’était ma responsabilité de m’exprimer. J’avais accès à toutes sortes d’information, j’ai parlé à des survivants. Ça m’a choqué de voir comment tout cela était caché en Chine. » Il a écrit la lettre en trois heures, après des échanges avec d’autres étudiants par Internet. Cette première version a été enrichie. Puis ils ont signé, apposant leur nom et celui de leur université, vingt-six ans après la rébellion d’autres étudiants chinois qui ont aujourd’hui l’âge de leurs parents.
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Le cercle des poètes détenus

Messagepar mandarine » 30 Juin 2015, 18:13

Un article de Marianne daté du 19 Juin évoque l'emprisonnement des poètes pour leurs opinions politiques dans le monde.

Li Bifeng ,toujours emprisonné , en fait partie. Image



Li Bifeng, toujours dans sa cellule

Le poète Li Bifeng n'a pas encore eu cette chance : revoir la lumière du jour. Celui qui parle le mieux de cet écrivain de 50 ans, actuellement incarcéré dans les geôles chinoises, est lui-même reconnu comme un poète majeur : Liao Yiwu, auteur de Dans l'empire des ténèbres, document exceptionnel sur ses années passées dans les camps de concentration de l'empire du Milieu. Il a en effet connu Li Bifeng en prison. Accusés de « crime contre-révolutionnaire », tous deux payaient le prix de leur engagement dans la révolte de la place Tian'anmen, écrasée dans le sang le 4 juin 1989. « Notre relation, expliquera-t-il plus tard, ressemblait à celles de souris blotties les unes contre les autres pour se réchauffer. » Elle se poursuivra après leur libération, au milieu des années 90, mais en 2011, après avoir essuyé 17 refus de visa de sortie, Liao Yiwu réussit à quitter le pays clandestinement pour s'exiler à Berlin.

Li Bifeng, lui, n'y parviendra jamais, malgré plusieurs tentatives rocambolesques, dont une l'amènera à traverser la Chine du nord au sud. Mais il s'est, en revanche, retrouvé à plusieurs reprises derrière les barreaux. D'abord en 1998, quand il décide de « populariser » auprès d'ONG des droits de l'homme les grèves des travailleurs du textile à Mianyang, sa ville natale (celle aussi de Li Bai, le grand poète classique de la dynastie des Tang), dans la province du Sichuan. Arrêté, il est jugé pour une imaginaire « fraude fiscale » et écope de sept nouvelles années de détention. Rebelote le 19 novembre 2012 : un tribunal populaire de la division administrative de Shehong, toujours dans le Sichuan, lui inflige cette fois une peine de douze ans de prison. Motif officiel : une sombre affaire de contrat frauduleux, prétendument au détriment d'un fabricant d'alcool de la région.

En réalité, les autorités chinoises soupçonnent le dissident d'avoir aidé Liao Yiwu à fuir secrètement le pays en 2011. Ce que ce dernier a, depuis, toujours démenti. Présent à une soirée de soutien en janvier 2013 à Paris, il lira quelques mots « volés » de son ancien et infortuné compagnon de cellule : « Que ce soit par l'écriture ou par des révoltes, nous espérons tous que ceux qui sont de l'autre côté des hauts murs de la prison se souviennent de nous. »


http://www.marianne.net/cercle-poetes-d ... 34947.html
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Li Bifeng : un nom à ne pas oublier !

Messagepar laoshi » 01 Juil 2015, 17:53

Nous avons inscrit le nom de Li Bifeng "sur nos cahiers d'écolier" depuis le 17 janvier 2013 ; merci de nous rappeler qu'il est toujours en prison et qu'il paye peut-être de son incarcération la liberté de Liao Yiwu. Espérons qu'il figure sur la liste du ministre belge dont vous parliez dans un message récent... et que François Hollande n'oubliera pas de le rappeler au bon souvenir du premier ministre chinois en visite en France...
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Ding Zilin assignée à résidence dès le 1er juin

Messagepar laoshi » 30 Mai 2016, 09:50

Comme chaque année, à l'approche du 4 juin, la répression s'abat sur les proches des morts de Tian'Anmen : Ding Zilin, leader du groupe des Mères de Tian'Anmen, a été informée par la police qu'elle serait assignée à résidence à partir du 1er juin et que sa ligne téléphonique serait coupée.

27 ans après les massacres de Tian'Anmen, toute commémoration des événements reste interdite par le PCC... La liste des mots interdits sur Internet s'allonge chaque jour et les leaders du mouvement, déjà incarcérés au moment des faits purgent de nouvelles peines : Yang Tongyan, condamné à 12 ans de prison pour "subversion" en 2005, Xie Changfa, membre du Parti pour une Démocratie chinoise condamné à 13 ans de prison en 2009 sous le même chef d'accusation , Liu Xiaobo, le Prix Nobel de la Paix dont je vous ai déjà longuement parlé, condamné à 11 ans, Liu Xianbin, toujours pour les mêmes raisons, condamné à 10 ans... sans compter les anonymes...
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27 ans de silence !

Messagepar laoshi » 04 Juin 2016, 09:38

27 ans de silence... les "âmes errantes" de Tian'anmen restent vouées à l'oubli dans la Chine de Xi Jinping...

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Ding Zilin, qui a créé le mouvement des Mères de Tian'anmen est assignée à résidence depuis le 1er juin et ceux qui osent commémorer, même en privé, le 4 juin, sont accusés de "trouble à l'ordre public" comme ces chrétiens qui se recueillent paisiblement derrière des bougies. Ils ont été arrêtés ou ont mystérieusement "disparu" au lendemain de la cérémonie. Car la simple image d'une bougie est interdite par les temps qui courent sur les réseaux sociaux chinois et la banderole accrochée au mur, écrite "en souvenir du 4 juin", est un défi intolérable à la loi du silence :

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Liang Taiping, Ma Xinli, Xu Caihong, Zhang Baocheng, Zhao Changqing sont eux aussi détenus pour avoir célébré le 4 juin

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Li Meiqing et Li Wei, dont on est sans nouvelles, sont probablement détenus pour les mêmes raisons

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Il faut lire ou relire Beijing Coma, de Ma Jian, pour comprendre le déroulé des événements au jour le jour et il faut regarder les photos insoutenables qu'un étudiant a confiées à Ursula Gautier en août 1989 ; témoignage accablant pour le régime qui ne craint rien tant que la vérité !

Comme d'habitude, Hong Kong célèbre la mémoire des étudiants écrasés sour les chars

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et pour la première fois, le Parlement de Taïwan, où Tsai Ing-wen, favorable à l'indépendance vis-à-vis de Pékin, vient de remporter les élections, se joint à la commémoration. Ecouter le reportage de RFI.
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